Actuellement exposition de Clara Céna Via di Napoli à voir jusqu'au 2 octobre 2021 Tombé du Ciel
     

Tombé du Ciel

La série a débuté sur le pont d’Hossegor dans les Landes en plein été. Avec cette lumière forte et verticale et des gamins qui plongent depuis un pont. Souvent chez moi une série débute ainsi par des coïncidences, une photo emblématique. Cette fois-ci c’est celle de l’affiche, puis les images s’associent avec d’anciennes photos.

Donc, l’été dernier j’ai photographié ces jeux de gamins qui comme partout dans le monde se jettent à l’eau, à marée haute, depuis des générations. Que ce soit dans les Landes, sur le pont en acier de la pointe courte à Sète, ou dans le port d’Arrecife aux Canaries, ou j’ai aussi shooté ces jeux, on s’aperçoit qu’ils n’ont pas d’âge, qu’ils sont loin de toute modernité.
J’y ai passé 3 jours, 3 après midi et je me suis aperçu ensuite en travaillant les images qu’au-delà de ces jeux d’ados, de frime masculine, des éclats de rire ou des cris de trouille, ces corps qui s’envolent prennent des allures de danseurs. Le corps en suspension, en apesanteur dans l’air, semble alors flotter. Le regard hésite parfois entre envol et effondrement.

Entre vol et chute ces danseurs sont devenus des anges déchus.
L’image de l’affiche m’a fait penser à Icare, et aux brûlures du soleil, qui font chuter le type. Icare n’est pas un ange. Mais dans la mythologie ceux qui chutent ce sont les anges déchus. Les anges qui ont déconné, qui ont un truc à se reprocher. Sans y voir forcément un sens religieux, le mythe des anges déchus ou en train de choir, qu’il soit judaïque ou chrétien, fait partie de notre iconographie.

En peinture c’est un thème vertigineux par ex chez Brueghel ou chez Rubens. C’est toujours beau un corps qui tombe. On se souvient aussi « Des ailes du désir » de Wenders.

Et puis il y a aussi et surtout la chanson de Jacques Higelin avec ces paroles : « Tombé du ciel, rebel aux louanges, Chassé par les anges du paradis originel ».
Et surtout ces mots qui résonnent pour un photographe :
« C'est fou c'qu'on peut voir tomber Quand on traîne sur le pavé les yeux en l'air La semelle battant la poussière On voit tomber des balcons Des mégots, des pots d'fleurs Des chanteurs de charme. Des jeunes filles en larmes Et des alpinistes amateurs. »

L’exposition de 23 photographies ne représente pas que ces corps qui tombent.

Non, car après leur chute, il y a les traces de leur atterrissage. Sur la terre brûlée, la lave ou le goudron, ces êtres ont laissé une trace. Des photographies abstraites qui composent une série pré existante ont été associées. Ça c’est le travail de François Rastoll, le galeriste, il m’a aidé à créer cette série comme une enquête sur les traces de ces fantômes.
Comme souvent chez moi, un récit du coq à l’âne, du tac au tac, du maraboud’ficelle…
Tombé du Ciel N°5 - 670€ TTC
Edition à 6 exemplaires signés et numérotés.
Format photo : 20x60 cm avec passe partout portefeuille format 30x70 cm.
Tirage en piezography pro sur papier hahnemühle bright white.